Petit Piment, Alain Mabanckou

https://i1.wp.com/www.jeuneafrique.com/medias/2015/08/13/Mabanckou-Petit-Piment.jpgJeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées. L’aventure commence. Elle le conduira notamment chez Maman Fiat 500 et ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaité quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services. Jusqu’à ce que ce bonheur s’écroule. Petit Piment finit par perdre la tête, mais pas le nord : il sait qu’il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin.

Dans ce roman envoûté et envoûtant, l’auteur renoue avec le territoire de son enfance, et sait parfaitement allier la naïveté et la lucidité pour nous faire épouser le point de vue de ses personnages.

Pour être honnête, au début, entre Petit Piment et moi, ça n’a pas été facile…

En effet, le roman démarre en racontant la vie de Petit Piment dans l’orphelinat de son enfance. Le lecteur est face à beaucoup de noms de personnages et beaucoup de noms de partis en relation avec le socialisme.

Tant et si bien que je me suis vite retrouvée perdue et ait failli passer à côté de ce qui importait vraiment dans cette première partie : le mauvais plan de combiner politique et éducation, ainsi que l’amitié entre Petit Piment et Bonaventure et l’importance de Niangui, figure maternelle pour le jeune orphelin.

Ici et là, des témoignages nous dressent un portrait plus affûté des protagonistes du roman. Ces digressions peuvent donner le sentiment de retarder voire de déboussoler le lecteur, mais elles sont appréciées et même attendues.

Très attendu aussi est le moment de la fuite de Petit Piment à Pointe-Noire. Pourtant, il fut une déconvenue. Pas au niveau de l’histoire, de la narration ou quoi que ce soit, non.

Plutôt à cause du fait que, contrairement à l’absolue liberté à laquelle je m’attendais, Petit Piment et le reste de la bande de jeunes adolescents avec qui il vit sont des fugitifs et des vagabonds condamnés à une vie de misère.

Il est vrai que, dans un tel contexte, c’était sans doute la plus porteuse de réalisme et susceptible de faire passer un message.

Mais l’auteur ne s’embarrasse pas toujours du réalisme, pour notamment nous créer une fin très belle, quoique l’adjectif soit relatif étant donné les circonstances. Petit Piment a été balloté de rencontre en rencontre (la plus marquante était peut-être celle de Maman Fiat, tenancière d’une maison close) et de perte en perte.

En résultent des séquelles neurologiques et psychologiques qui sont parfaitement ressenties dans la narration.

Naïveté de l’enfance, folie d’un destin brisé… Alain Mabanckou épouse à la perfection les formes des pensées de son personnage principal.

Tous ces mots pour dire que, vous l’aurez compris, j’ai au final beaucoup aimé ce roman. Finalement, les plus belles lectures sont peut-être celles qu’on attend pas !

Mon ressenti : 8,5/10

Petit Piment, Alain Mabanckou, éditions Seuil (18,50€)

Roman lu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2015.

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