Roi de Pique, Kat Spears

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Jesse, jeune homme cynique, est coupé de ses propres sentiments depuis le suicide de sa mère. Au lycée, ses combines et son tempérament de manipulateur sont bien connus de ses camarades et du personnel. Un jour, Ken lui demande de lui arranger un rendez-vous avec une certaine Bridget. Mais lorsque Jesse rencontre la jeune fille, sa carapace se fragilise.

Lorsque j’ai lu le communiqué de presse de Roi de Pique, la simple mention de Maybe I’m Amazed de Paul McCartney dans un extrait du roman m’a convaincue qu’il me fallait le lire.

Je ne laisserai pas le suspense durer plus longtemps : la chanson est citée (je ne plaisante pas) à la dernière page. Et nulle part ailleurs.

Soit ! Je lirai des livres sur Paul McCartney si j’ai envie d’entendre parler de lui. :-) Ce livre parle très peu de musique, juste de celle qui rythme la vie mouvementée de Jesse.

Jesse est au lycée et arrive à s’y maintenir à flot grâce à sa petite entreprise de services rendus. De la drogue aux rendez-vous arrangés en passant par l’alcool et les motifs de renvois d’élèves, il se fait respecter de tout le monde, même du proviseur.

J’ai aimé ses opinions très tranchées et son fort caractère. J’ai davantage aimé le personnage de M. Dunkelman, le faux grand-père de Jesse qui est très intelligent et cynique. Et j’ai vraiment, vraiment regretté la réalisation incomplète des personnages féminins. Joey et Bridget notamment ont énormément de potentiel, je les ai adorées. Mais dans ce roman, l’auteur laisse peu de place aux femmes et elle ne donne même pas la capacité à ses héroïnes de donner leur avis et de changer les choses. Jesse et ses manigances objectivent les femmes et cela ne m’étonne pas (même si ça me révolte), mais justement alors, s’il vous plaît Kat Spears, laissez d’autres personnages (qu’ils soient féminins ou masculins) chambouler ça ! Le regard de Jesse sur les femmes m’a mise mal à l’aise et j’ai trouvé ça incompatible avec son intérêt pour Bridget et son envie de la « sauver » de Ken (autre point de vue machiste qui me dérange en fait). Bridget le fait un peu changer, il est vrai, mais ce n’est qu’un embryon et j’en voulais plus. Parce que Kat Spears donne beaucoup de détails en peu de mots sur ses personnages pour nous permettre de les cerner et ce talent doit être mis à profit.

Si on passe ce livre à la passoire pour en retirer toutes ces allusions désagréables, il en reste une comédie prévisible mais piquante. Je ne pense même pas que l’auteur ait voulu faire passer des messages négatifs, je pense juste que son roman n’a pas su résister à la discrimination ambiante. Kat Spears peut faire de grandes choses avec ce style de héros grande gueule mais pas sans failles et son style impertinent et non-conventionnel. Loin de moi l’envie d’accabler ce livre qui par ailleurs contient des passages plus engagés, ou tout simplement hilarants, mais il faut toujours rester méfiant(e) par rapport aux mots utilisés.

Mon ressenti

6/10

Roi de Pique, Kat Spears, éditions Nathan (16, 90€)

Parution le 10 septembre.

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